La table est dressée dans la fraîcheur du bois. Les agneaux, les perdreaux, les coqs de bruyère, les bœufs découpés en quartiers et les vins y abondent. Des jeux basques s'organisent. Filles et garçons vont représenter devant l'Empereur la pastorale qui commémore leur origine.

Voici Ondicola, chef de la race, monté sur un destrier dont la housse est faite de ces dentelles qui évoquent le luxe de l'Asie originelle. Il porte une mitre et un sceptre, symboles de sa puissance. Il s'élève contre sa cour voluptueuse, au moment qu'elle a abordé sur la terre basque, et il lui déclare :

— Il n'est pas bon qu'une race, indigne comme est la vôtre, se perpétue sur ce sol vierge.

Sa cour lui répond :

— Que feras-tu donc de nous, Ondicola?

Et lui :

— Je vous tuerai et je ne laisserai vivre qu'Iguskia et Ithargia.

Et voici que s'avancent les plus beaux adolescents des Aldudes, déguisés en Iguskia et en Ithargia. Ils ne portent d'autres vêtements que celui des pâtres, leur beauté éclate.

Iguskia dit :

— Maintenant tout le monde est mort autour de nous. La mer est refermée. Jusqu'à présent, ô Ithargia, je n'avais pas entendu mon cœur battre. Mais, en portant plus avant mes pas sur ces terres sans habitants, je le sens frissonner comme un nid plein de chansons. Qu'est-ce?