Roland s'avance avec Alba dont il a repris la main.
A mesure qu'ils se rapprochent de l'Empereur, elle pâlit.
Elle songe à tout ce qu'on lui a rapporté de Charles : sa piété, son courage inégalable qui fait qu'à Aix les aigles invinciblement attirés planent jour et nuit au-dessus de son palais.
Elle pose sa main libre sur son cœur de tourterelle, baisse la tête, et, tant est lisse et blonde sa chevelure, on dirait que c'est la sœur du soleil qui s'incline.
Elle et Roland se mettent à genoux. L'Empereur leur dit :
— Je suis l'arbre à la rude écorce au pied duquel s'étend la mousse dont les nids sont faits.
Alba répond :
— Sire, vous êtes le chêne qui les protège, et l'on n'ose lever les yeux vers vous de crainte d'être ébloui, tant vous supportez d'orages sans faiblir.
Ainsi s'exprime-t-elle en langue basque, traduite aussitôt par les interprètes.