LA RÉPÉTITION POUR NOËL

La lune, hors des nuages épais et pluvieux, ressemble au soleil si on la regarde entre les branches de cyprès du jardin. Le hibou que je suis semblerait seul devoir hanter cette retraite et gémir avec le Psalmiste : « Sum sicut nycticorax in domicilio. »

Cependant tout près de moi, dans le salon, j’entends cette note sourde et timide qu’émet la colombe sauvage aux jours chauds.

C’est Bernadette qui roucoule.

O Bernadette ! De qui tiens-tu cette voix sinon de Dieu lui-même, de cette autre Colombe qui chante aussi en Décembre, mais sur la crèche du Petit-Jésus ?

Ah ! Tu t’essayes, tu veux, ô mon enfant ! ô toi qui ne parles pas encore ! chanter pour ton premier Noël.

L’ENFANT-JÉSUS

Cet Enfant-Jésus est ton frère, mais toi tu es dans ton berceau et il dormait sur la paille. Et ceux qui avaient une grande inquiétude devenaient joyeux en le regardant, les mages et les bergers. Écoute, ô ma Bernadette ! la petite cloche d’un agneau, d’un agneau qui le baise au front, lui ton Dieu ! Lui, ton Dieu et ton frère…

Oh ! que me penchant sur toi, ô mon enfant ! je retrouve dans tes traits ceux du Nouveau-Né qui s’abaissa jusqu’à ta petitesse. Déjà tu lui ressembles. Il tette et pleure aujourd’hui, mais bientôt il vaquera à d’humbles besognes comme toi qui iras chercher le pain sur le buffet et le fil pour coudre. Mais, toi plus grande, je te conduirai vers la bleue montagne de Lourdes pour te le montrer auprès de sa Mère. Je te hausserai dans mes bras pour que tu voies ce Roi qui est ton frère, te dis-je ! et pour que tu lui cries en élevant les mains qu’il t’a données : « Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu ! »

LE SOMMEIL DANS LA TEMPÊTE