Que le mouvement soit lent ou accéléré, peu importe. Je demande seulement qu'il soit régulier, c'est-à-dire que le cheval ne diminue pas ou n'augmente pas son allure par des fluctuations incessantes, et qu'il parcoure des espaces égaux dans des temps égaux, en conservant cette régularité de l'allure qui est un signe certain de la justesse de l'équilibre.

Quoique certaines personnes, peu versées dans l'étude de mes principes, blâment la position élevée que je fais prendre à l'encolure et à la tête du cheval, je dis qu'il est indispensable de leur donner toute l'élévation dont elles sont susceptibles, en agissant avec les poignets de bas en haut. Il ne faut pas s'effrayer de la position horizontale que prend forcément la tête. C'est alors qu'il faut décontracter la mâchoire, dont la moelleuse mobilité permet au cheval de se ramener de lui-même. Ce moyen, indirect en apparence, est le seul qui donne la grâce et une légèreté constante à tous les mouvements du cheval.


QUELQUES MOTS SUR LE PRINCIPE:
«MAIN SANS JAMBES, JAMBES SANS MAIN»
POUR LE
DÉPART AU GALOP ET LES CHANGEMENTS DE PIED.

Ce nouvel axiome était tellement en opposition avec ce que j'avais professé et pratiqué moi-même toute ma vie, que malgré les résultats merveilleux que j'en obtenais, je voulus avoir une preuve éclatante de sa justesse.

Avant donc de livrer cette édition à la publicité, je réunis cinq cavaliers habiles, sur la loyauté et la discrétion desquels je pouvais compter, et je leur fis expérimenter mes nouveaux moyens.

Le succès couronna mon attente. Je pus me convaincre que ma grande habitude de me servir de mes aides ne me faisait point croire cette dernière découverte plus féconde qu'elle ne l'était réellement. Chacun de ces messieurs me remit alors un mémoire sur l'application qu'ils en faisaient sous mes yeux, et je demandai à M. le baron Faverot de Kerbrec la permission de reproduire son travail, qui peut servir de complément et de développement à mes innovations.

Le voici:

«Il ne faut pas confondre dans l'œuvre équestre de M. Baucher les PRINCIPES, qui sont à jamais invariables, avec les MOYENS, qui sont perfectibles et par conséquent pouvaient varier.