«Au nombre des PRINCIPES qui forment la base immuable de la «méthode», on doit citer en première ligne l'obligation constante de rechercher ou de conserver chez le cheval monté l'ÉQUILIBRE, c'est-à-dire cet état physique provenant du dressage et dans lequel l'animal peut obéir instantanément à la volonté du cavalier, quelle qu'elle soit.
«L'équilibre que M. Baucher a appelé du premier genre existe quand les translations du poids sont également faciles dans tous les sens. On peut comparer cet état de l'animal à l'équilibre indifférent dans les corps inanimés. De même qu'une sphère posée sur un plan horizontal obéit à la plus petite impulsion, de même, dans le cheval monté qui possède l'équilibre du premier genre, le poids cède à la plus légère pression, de quelque côté qu'elle lui soit communiquée, et l'obéissance absolue aux aides en est la conséquence.
«Quant aux MOYENS enseignés par le maître, ils peuvent être divisés en deux groupes constituant chacun une «manière» distincte. Dans la première, M. Baucher agit sur les forces du cheval, c'est-à-dire sur les ressorts animés qui portent et font mouvoir la masse, le poids de la machine. Il arrive à faciliter le déplacement de ce poids, à équilibrer, en diminuant l'étendue de la base de sustentation, en rapprochant plus ou moins, selon le besoin, les extrémités inférieures du cheval.
On comprend qu'il faut alors souvent avoir recours à des moyens puissants pour forcer l'animal, surtout dans les commencements du dressage, à conserver cette disposition artificielle de ses membres. De là la nécessité de l'emploi fréquent de l'éperon.
Dans cette première manière, M. Baucher ayant constamment en vue d'agir sur les forces de l'animal, de s'en rendre le maître absolu, cherche dès le début à fixer à ces forces des barrières qui les enferment de tous les côtés et qu'elles ne puissent jamais franchir.
Une fois cette domination obtenue, le dressage est presque terminé. Il ne s'agit plus que de donner à ces mêmes forces la direction qu'il plaît au cavalier de leur imprimer à l'intérieur de cette sorte de lacet de fer formé par le mors et les éperons. Enfin, il suffit de resserrer ce lacet pour réduire l'animal à l'immobilité, puisqu'on ne permet alors la détente d'aucun des ressorts de la machine.
Plus tard, s'inspirant du cheval en liberté, qui, pour se mouvoir, commence par élever la tête et l'encolure afin d'alléger son avant-main, M. Baucher en est venu à sa seconde «manière».
Dans cette deuxième manière, pour arriver à la légèreté absolue,—qui indique l'équilibre du premier genre,—il s'attaque directement au poids du cheval et en reporte une partie de devant en arrière. C'est la main qui est chargée de ce soin. A elle donc de rendre le cheval «léger», équilibré. Aux jambes de donner l'impulsion nécessaire. Dès lors l'animal n'est plus exposé à hésiter entre deux actions contraires. L'effet qui pousse et celui qui retient sont toujours distincts, et il n'y a plus de confusion possible entre les aides.
La légèreté complète est obtenue quand l'action du mors ne rencontre jamais ni la résistance du poids, ni celle des forces.
Dans l'application de «ses nouveaux moyens», comme dans le dressage par les anciens, M. Baucher habitue par une progression savante le cheval à supporter sans désordre le contact de l'éperon. C'est seulement lorsque l'animal ne s'effraie plus de l'appui de cette aide et que cet effet provoque à volonté une détente en avant calme, mais certaine, le cheval restant léger à la main, que le cavalier commence à être maître de sa monture et que les «barrières» dont nous avons parlé peuvent devenir une réalité.