—Vous me disiez tout à l'heure, mademoiselle, que c'était bien triste pour vous de passer la soirée toute seule. Eh bien, puisque vous êtes libre... si vous vouliez me faire un grand plaisir... oh! mais, je vous assure, un très grand plaisir... vous viendriez... dîner avec moi.

Henriette eut un étourdissement de surprise et de joie. Elle croyait rêver. Le conte de fée continuait.

—Comment! vous voudriez, monsieur Armand?...—et déjà une nuance d'intimité s'établissait entre eux par ce prénom d'Armand qu'elle prononçait pour la première fois.—C'est sérieusement?... vous m'invitez à dîner?

Il crut qu'elle allait refuser, et cette crainte l'enhardit encore.

—Mais oui. Dînons ensemble... Là, comme deux camarades... Je suis attendu chez un ami. Mais qu'importe! Je m'excuserai. J'enverrai un mot, du restaurant... Oh! acceptez. Vous me rendrez si heureux.

Puis il ajouta, perdant la tête:

—Vous êtes si charmante! Je voudrais tant vous connaître mieux, devenir un peu votre ami!...

Et il osa lui offrir le bras.

Henriette le prit. Elle se sentait défaillir, et ravie, livrant aussi son secret, elle murmura:

—Quel bonheur! Moi qui ne fais que penser à vous!