[51] Nous récusons tous les jours des juges pour le plus petit intérêt, et nous commettons…, et la suite comme L 46.
[52] Rien n'est si dangereux que l'usage des finesses, que tant de gens d'esprit emploient communément, les plus habiles affectant de les rejeter toute leur vie pour s'en servir en quelque grand intérêt. (Cf. L 47 et H 166.)
[53] Comme la finesse est l'effet…, comme L 48. (Cf. H 167.)
[54] On s'est trompé quand on a cru, après tant de grands exemples, que l'amour et l'ambition triomphent toujours des autres passions; c'est la paresse, toute languissante qu'elle est, qui en est le plus souvent la maîtresse; elle usurpe insensiblement sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie; elle y détruit et y consomme toutes les passions et toutes les vertus. (Cf. L 84 et H 94.)
[55] Rien ne nous plaît tant…, comme H 141, sauf une variante: leur emploi au lieu de leurs emplois, et la fin: que la confiance est comme un relâchement de l'âme, causé par le nombre et par le poids des choses dont elle est pleine. (Cf. L 49.)
[56] Nous ne nous apercevons que des emportements et des mouvements extraordinaires de nos humeurs et de notre tempérament, comme de la violence, de la colère, etc., mais personne quasi ne s'aperçoit que ces humeurs ont un cours ordinaire et réglé qui meut et tourne doucement et imperceptiblement notre volonté à des actions différentes; elles veulent ensemble…, et la suite comme L 50. (Cf. H 136.)
[57] La pitié est un sentiment…, comme L 51 et H 22, sauf un mot: actions au lieu de occasions.
[58] Qui considérera superficiellement tous les effets de la bonté…, comme H 35, sauf la fin: il réunit, il dispose et tourne tous les hommes en sa faveur. (Cf. L 52.)
[59] L'humilité est une feinte soumission…, comme H 25, sauf deux différences: I sous toutes ses figures au lieu de dans toutes ses figures; 2 où on l'élève au lieu de où l'on l'élève. (Cf. L 53.)
[60] La parfaite valeur et la poltronnerie complète sont des extrémités où l'on arrive rarement. L'espace qui est entre les deux est vaste, et contient toutes les autres espèces de courage: il y a plus de différence entre elles qu'il y en a entre les visages et les humeurs; cependant elles conviennent en beaucoup de choses. Il y a des hommes qui s'exposent volontiers au commencement d'une action, et qui se relâchent et se rebutent aisément par sa durée; il y en a qui sont assez contents quand ils ont satisfait à l'honneur du monde, et qui font fort peu de choses au delà. On en voit qui ne sont pas toujours également maîtres de leur peur. D'autres se laissent quelquefois emporter à des épouvantes générales. D'autres vont à la charge pour n'oser demeurer dans leurs postes. Enfin il s'en trouve à qui l'habitude des moindres périls affermit le courage, et les prépare à s'exposer à des plus grands. Outre cela, il y a un rapport général que l'on remarque entre tous les courages des différentes espèces dont nous venons de parler, qui est que la nuit, augmentant la crainte et cachant les bonnes et les mauvaises actions, leur donne la liberté de se ménager. Il y a encore un autre ménagement plus général qui, à parler plus absolument, s'étend sur toutes sortes d'hommes c'est qu'il n'y en a point qui fassent ce qu'ils seraient capables de faire dans une occasion s'ils avaient une certitude d'en revenir; de sorte qu'il est visible que la crainte de la mort ôte quelque chose à leur valeur et diminue son effet. (Cf. L 54 et H 113.)