Eh bien, messieurs, je vous demande une seule chose, c'est la permission de relire l'adresse. (Murmures au centre, marques d'impatience.)

Comment, messieurs, on viendra dire que l'adresse est factieuse et révolutionnaire, que les hommes qui votent pour elle sont des factieux.... (Bruit au centre, dénégations.)

M. le président.—J'invite la Chambre à garder le silence.

M. Guizot.—Si la Chambre le désire, je réduirai mes expressions sans changer du tout le fond de ma pensée. Eh bien, non, on ne veut pas que les auteurs d'une adresse qu'on appelle factieuse soient des factieux. (On rit.) D'accord, j'accepte; mais on conviendra qu'on les accuse au moins de prêter de la force aux factions. (Aux centres: Oui! oui!)

On conviendra que c'est là le reproche qu'on leur adresse, je le réduis à son expression la plus modérée. Eh bien, au moins faut-il pouvoir la lire cette adresse ainsi accusée! (Voix nombreuses: Oui! oui, lisez!)

«La Chambre des députés.» (Murmures et interruption.)

En vérité, messieurs, il serait étrange que voulant défendre l'adresse et justifier le vote que je lui donne, il ne fût pas possible d'en lire les termes. Je continue la lecture:

«La Chambre des députés se félicite avec vous de la prospérité du pays. Cette prospérité se développera de plus en plus au sein de la paix que nous avons maintenue...»

Voix des centres.—«Que nous avons maintenue!» Voilà ce qu'il y a de factieux. (Bruit.)

M. le président.—N'interrompez pas.