M. Guizot, continuant.—«...De la paix que nous avons maintenue, et dont une politique prudente et ferme peut seule nous garantir la durée.»

Je sais qu'on dit que ces mots: que nous avons maintenue, sont des mots factieux, et que la Chambre s'attribue par là un pouvoir et un honneur qui ne lui appartiennent pas. Messieurs, je n'hésite pas à le dire, c'est là une accusation puérile et ridicule. (Bruit toujours croissant.)

Messieurs, je suis dans mon droit; c'est l'adresse que je défends, en la lisant tout entière, phrase à phrase, mot à mot, sans en rien retrancher, car je veux la justifier tout entière. (À gauche. Parlez! Parlez!) Ou l'adresse est factieuse et révolutionnaire comme vous le dites, ou elle est loyale et constitutionnelle tout entière comme je le prétends.

Voix des bancs de l'opposition.—Très-bien!

Voix des centres.—C'est ce que la discussion fera voir.

M. le président.—Veuillez garder le silence.

M. Janvier.—C'est un système arrêté que celui des interruptions.

M. Guizot.—Nous dirons notre pensée tout entière, et je suis charmé que les honorables préopinants aient dit la leur avec sincérité. Je remercie M. le garde des sceaux de la franchise qu'il vient de nouveau d'apporter dans cette discussion.

Cette expression nous avons maintenue n'a jamais pu, dans la pensée de personne, s'appliquer à la Chambre seule; elle s'applique évidemment à la France et à son gouvernement tout entier. (Plusieurs voix: C'est évident.) Vous allez le voir par la phrase suivante. (Exclamations diverses.)

M. Odilon Barrot.—C'est une scène de comédie, ce n'est pas une scène politique.