Quant à Sappho, à present je m'accorde
Qu'on la dechasse ainsi qu'il est raison,
Car je ne veux que soillure si orde
Denigre plus ma Royalle maison.
O Dieu qui m'as en idoyne saison
Faict recognoistre et ma faulte et mon vice,
Graces te ren, et par humble oraison
Je te suppli d'oublier ma malice.
Ren moy constant en ta saincte justice
A l'entretien de paix et charité,
Graces vous ren O Bon zele, propice,
A vous aussi ma dame Verité.
Bon zele.
Prince excellant en haute auctorité,
Dieu soit loué de son sainct benefice,
Dont vostre sens loing de temerité
A recognu son charnel malefice.
Du Tout puissant la saincte main tutrice
En grand santé vous vueille maintenir,
Tant que vivray, j'emploiray mon office
Pour vostre honeur garder et soustenir.
Verité.
Prince, pour donc vray salut obtenir,
Chassez Sappho, comme chose damnable,
Plus desormais ne fault la retenir,
Car devant Dieu elle est abominable.
Le Monarque.
Ainsi me plaist, Pasiphile amiable,
Mets la dehors de mon Palais Royal,
Vivre je veux au lien honorable
De mariage, ainsi qu'Espoux loyal.
Pasiphile.