Doncques humains, soyez tant bien apris
De délaisser volupté délectable,
Suivez l'amour qui conjoinct deux Espris
En une chair, à Dieu chose acceptable.
Chastes soyez en ce joug venerable,
Sans, comme moy, ensuivir amour folle,
Lors vous aurez le soulas perdurable,
Qui les Espris divinement console.

Pasiphile.

De grand soulas ores le cueur me vole,
Le Prince est sain tant d'Esprit que du corps
Sappho s'en va, mais dont je me désolé,
C'est de Bacchus, duquel je suis records,
Car luy et moy faisions joyeux accords
Buvans d'autant, o perte nompareille,
Ce n'est qu'esmoy, ce ne sont que discords
De perdre ainsi la sacree Bouteille.

Bon zele.

Fault desormais que vostre Esprit s'esveille
(Roy souverain) en magnanimité,
Et à garder une amytié pareille
A vostre Espouse ayant tant merité.
Vous estes sain, dispos, plein d'equité,
Perseverez en toute temperance,
Et l'Eternel qui hayt iniquité,
Tousjours fera en vous sa demourance.

Le Monarque.

Bon zele, ayez de moy ceste asseurance
Que par l'instinct du Seigneur toutpuissant
Je me tiendray selon vostre esperance
En vertu haulte et honeur florissant,
Point ne seray (Dieu aydant) flechissant,
Car je cognoys que pour au Ciel attaindre,
Et de salut devenir jouissant,
Il fault un Dieu aymer, servir, et craindre.

Verité en concluant.

Conclusion, pour les vices estaindre,
Et pour avoir l'heritage des Cieux,
Craindre il convient l'Eternel, sans se faindre.
Et Atropos mettre devant les yeux,
Comme avez veu par un Roy vicieux
Non amendé du conseil veritable,
Mais seulement du regard furieux
De ceste Mort à tous espoventable.

O Peuple humain qui d'excessive table
Fais ton seul Dieu, pour bien remplir ta pance,
Et dont le cueur du Monde insatiable
Trop enyvré, rien que tout mal ne pense,
Voy que celluy qui bien et mal compense
Te damnera, si desir ne te mord
De demander pardon de ton offense
A Christ, qui faict revivre l'homme mort.