Sachant combien ce Thresorier illustre
Du Bourg, cognoist vostre perfection
D'hommes rassis au rang avoir grand lustre,
Et cognoissant la grand dilection
De vos deux cueurs par ferme affection,
Ne doy je pas orner mon escriture
Des dons exquis par admiration
Qu'avez receus par graces de Nature?

Certes ouy, car si l'architecture
Des grands Palais Royaux est belle à voir,
De vostre Esprit (O noble Creature)
En plus grand pris fault la science avoir.
Royaux Palais peuvent fin recevoir,
Mais vostre Esprit est d'une vigueur telle,
Que de la Mort l'audacieux pouvoir
N'abolira vostre grace immortelle.

A Monseigneur Godefroy, Conseiller du Roy, au Chastellet de Paris.

Sonnet.

Si quelque fois la grand maturité
Des Loix & Droicts, ou vostre estat s'applique
Pour l'entretien d'une grand Republique,
Donne repos à vostre auctorité,

Je vous supply par la benignité
Qui tant vous rend humain et pacifique,
De voir un peu mon oeuvre Poetique,
C'est Zoroastre ou gist divinité.

En le lisant, s'il vous plaist en gré prendre
L'humilité, laquelle je doy rendre
A voz vertus, d'un cueur obeissant,

J'ay bon espoir que vous verrez autre oeuvre
Par cy apres, qui publie et descueuvre
Aux successeurs vostre nom florissant.

A Monseigneur Hector Maniquet, Secretaire de ma Dame la Duchesse de sainct Paul.

Minerve un jour visitoit les fontaines
Que de ses piedz feit le cheval volant,
Ou les neuf Seurs, doctes, sainctes, haultaines,
Faisoient chapeaux de Laurier excellant.
Pallas leur dict, O Troupeau vigilant
Incessament à toute chose bonne,
Je vous supply que vostre main ordonne
A mon Hector le Chapeau de hault pris,
Cela fut faict, du Laurier la Couronne
Sur vostre front des lors son siege a pris.