Si doy je bien me monstrer vigilant
A honorer par humble obeissance
Vostre Scavoir des vertus distillant,
Dont noblement vous avez jouissance,
Combien que j'aye entiere cognoissance
Que vous ayez un fruict plus savoureux
De l'Olivier plein de resjouissance,
Duquel seroit Apollon amoureux.

Quand toutefois de ce fruict bien heureux
De l'Olivier, qui pres de vous fleuronne,
Vous aurez pris le plaisir plantureux,
En luy offrant du Laurier la Couronne,
Qui dignement son front sainct environne,
Je vous supply un peu baisser voz yeux
Sur les Escritz qu'humblement je vous donne,
Vous soubhétant toute faveur des Cieux.

A Monseigneur M. Jean Bertrand Lieutenant Criminel de Paris.

La Prophetique Escriture
Ordonne judicature
D'hommes puissans, non pollus,
Craignans Dieu, loing d'avarice,
Pour administrer Justice,
Comme estans de Dieu eslus.

Ceste grand Divinité
Qui est une en trinité,
Pour l'heur de la Republique
Juge à Paris vous debvoit,
Ou droict aller on vous voyt
Sans chercher la voye oblique.

Et avec vostre prudence
Joincte à la Jurisprudence
Dont voz sens sont penetrez,
Vostre grand perfection
Conjoinct la dilection
Des lettres, et des lettrez.

Voyla pourquoy ma Minerve
Un los Eternel reservé
Aux excellentes vertus,
Dont par un don admirable
De Dieu aux bons favorable
Vous avez les sens vestus.

Pour la grand felicité
De la plus noble Cité
Dont nous ayons cognoissance,
Ceux qui vivent sagement
Desirent fort longuement
Vous voir en convalescence.

De ma part, sachant combien
Merite d'honeur et bien
Vostre constance immobile,
Je pry ce divin Recteur
Qu'il vous soit distributeur
De l'age de la Sibylle.

A Monseigneur de Frelu General de Lyon.