En passant dans le Lange-Kloof ou Vallée Longue, et longeant la rivière Krom, j’ai vu, à plusieurs reprises, planer au-dessus d’un marais, un oiseau de proie, qui, à toute son allure, m’a semblé aussi être une espèce de busard. Je l’ai vainement guetté tout un après-dîner, et l’ai malheureusement tiré d’un peu trop loin, dans un moment où il passoit à une certaine distance de moi; mais, ne l’ayant que légérement blessé, il s’en fut, et ne se montra plus après. Le plumage de celui-ci m’a paru être tout noir; mais son croupion étoit entièrement blanc.
OISEAUX DE PROIE
DONT NOUS NE CONNOISSONS POINT
EN EUROPE LES ANALOGUES.
LE TACHIRO, No. 24.
C’est dans l’épaisseur des forêts majestueuses de la partie la plus reculée du pays d’Auteniquoi où j’ai, pour la première fois, rencontré l’oiseau de rapine que j’ai nommé Tachiro. C’est dans le silence de ces bois, à l’ombre de ces arbres antiques, vrais colosses de végétation, qu’ont vieilli plusieurs générations d’hommes, et qu’un être sensible n’approche jamais sans éprouver ce sentiment sublime que produit l’admiration; c’est-là, dis-je, où, pour la première fois, parmi les chants harmonieux et tendres d’une multitude d’oiseaux différens, les cris pinchards et discordans du Tachiro frappèrent mon oreille. Cet oiseau de carnage, vrai fléau de tous les petits oiseaux de son domaine, fait la guerre à tous indistinctement. Il est un peu inférieur, pour la taille, à notre autour.