La femelle diffère du mâle par sa taille, qui est un peu plus forte; son manteau est aussi d’une teinte plus bleuâtre; le noir de ses aîles est moins foncé, et son blanc est légèrement sali. Ces oiseaux nichent dans l’enfourchure des arbres: le nid, assez spacieux, est très-évasé; de la mousse et des plumes en garnissent l’intérieur. La ponte est de quatre ou cinq œufs blancs.

En naissant, les jeunes de cette espèce sont d’abord couverts d’un duvet gris roussâtre, qui se remplace par des plumes, qui, sur le manteau, la tête et le derrière du cou, prennent une forte teinte roussâtre. Toute la poitrine est alors d’un beau roux ferrugineux, et le reste du blanc est teint légèrement de cette même couleur. Voyez la planche [37].

J’ai trouvé le Blac répandu sur toute la côte est d’Afrique, depuis le Duyven-Hoek, où je l’ai vu la première fois, jusque chez les Caffres, où il est moins commun qu’en-deçà; je l’ai vu aussi dans l’intérieur des terres, dans le Camdeboo et sur les bords du Swarte-Kop et du Sondag. Il est toujours perché sur le sommet des arbres ou des plus hauts buissons, d’où on peut l’appercevoir de très-loin, par son blanc très-brillant au soleil. Son cri est des plus perçans, et il se plaît même à le répéter souvent, et plus particulièrement lorsqu’il vole: ce qui le décèle et avertit de sa présence. Je n’ai jamais vu le Blac faire de mal aux petits oiseaux, quoique souvent il poursuive les pie-grièches, seulement pour les éloigner du lieu de sa chasse, qui se réduit à celle des insectes, des sauterelles, et des manthes sur-tout, dont il fait un grand dégât. Il est hardi et courageux. Je l’ai vu s’acharner à poursuivre les corbeaux, les milans et obliger ces oiseaux, beaucoup plus forts que lui, à déguerpir des lieux qu’il s’est choisis, et où on le voit continuellement. Il est très-farouche et singulièrement difficile à approcher. La nature de ses alimens produit sans doute l’odeur de musc dont ses excrémens et son corps sont éminemment parfumés. Les dépouilles de ces oiseaux conservent toujours cette odeur dans mon cabinet, malgré celle des préparations dont je fais usage pour préserver les animaux de la voracité des insectes destructeurs.

Il paroît que le Blac habite une grande partie de l’Afrique; car j’ai vu, chez le citoyen Desfontaines un individu de cette espèce qu’il avoit tué en Barbarie; j’en ai vu aussi un dans un envoi d’oiseaux venant directement des Indes; il reste à savoir si cet oiseau n’y avoit point été envoyé d’ailleurs.


OISEAUX DE PROIE NOCTURNES.


LE CHOUCOU, No. 38.