Mou-scheri-ina-namari [54] s'éleva des fondements du ciel en un nuage noir;--Raman [55] tonnait au milieu de ce nuage,--et Nabou et Scharrou marchaient devant;--ils marchaient dévastant la montagne et la plaine;--Nergal [56] le puissant traîna (après lui) les châtiments;--Ninib [57] s'avança en renversant devant lui;--les Archanges de l'abîme apportèrent la destruction,--dans leurs épouvantements ils agitèrent la terre.--L'inondation de Raman se gonfla jusqu'au ciel,--et [la terre,] devenue sans éclat, fut changée en désert.
Note 54:[ (retour) ] «L'Eau du crépuscule au lever du jour,» une des personnifications de la pluie.
Note 55:[ (retour) ] Dieu de la foudre et des orages.
Note 56:[ (retour) ] Dieu de la guerre et de la destruction.
Note 57:[ (retour) ] L'Hercule chaldéo-assyrien.
Ils brisèrent les.... de la surface de la terre comme....;--[ils détruisirent] les êtres vivants de la surface de la terre.--Le terrible [déluge] sur les hommes se gonfla jusqu'au [ciel.]--Le frère ne vit plus son frère; les hommes ne se reconnurent plus. Dans le ciel--les dieux prirent peur de la trombe et--cherchèrent un refuge; ils montèrent jusqu'au ciel d'Anou [58].--Les dieux étaient étendus immobiles, serrés les uns contre les autres, comme des chiens.--Ischtar parla comme un petit enfant,--la grande déesse prononça son discours:--«Voici que l'humanité est retournée en limon, et--c'est le malheur que j'ai annoncé en présence des dieux.--Tel que j'ai annoncé le malheur en présence des dieux,--pour le mal j'ai annoncé le.... terrible des hommes qui sont à moi.--Je suis la mère qui a enfanté les hommes, et--comme la race des poissons les voilà qui remplissent la mer; et--les dieux, à cause de (ce que font) les Archanges de l'abîme, sont pleurant avec moi.»--Les dieux sur leurs sièges étaient assis en larmes,--et ils tenaient leurs lèvres fermées, [méditant] les choses futures.
Note 58:[ (retour) ] Le ciel supérieur des étoiles fixes.
Six jours et autant de nuits--se
passèrent; le vent, la trombe et la pluie diluvienne étaient dans toute leur force.--A l'approche du septième jour, la pluie diluvienne s'affaiblit, la trombe terrible--qui avait assailli à la façon d'un tremblement de terre--se calma. La mer tendit à se dessécher, et le vent et la trombe prirent fin.--Je regardai la mer en observant attentivement.--Et toute l'humanité était retournée en limon;--comme des algues les cadavres flottaient.--J'ouvris la fenêtre, et la lumière vint frapper ma face.--Je fus saisi de tristesse, je m'assis et je pleurai;--et mes larmes vinrent sur ma face.