1Provenant de la grotte de Montastruc. D'après M. le docteur Hamy.
2D'après les Beliquiae aquitanicae de Lartet et Garisty.
3On y voit un gros serpent nageant au milieu des roseaux, une figure humaine nue et deux têtes de cheval. Le morceau a été découvert dans la grotte de La Madeleine. D'après les Beliquiae aquitanicae.
Au reste, les troglodytes du Périgord, dans l'âge du renne, connaissaient la numération. Ils avaient inventé une méthode de notation de certaines idées, au moyen de tablettes d'os marquées d'entailles, convenues, qui permettaient des communications à distance, méthode tout à fait pareille à celle que les auteurs grecs nous montrent employée très tard par les Scythes au moyen de bâtonnets entaillés, et que les écrivains chinois disent être restée en usage chez les Tartares jusqu'au VIe siècle de notre ère. Enfin, l'homme de l'époque quaternaire, surtout dans la seconde partie, dans l'âge du renne, avait certainement des croyances religieuses, puisqu'il avait des rites funéraires dont l'origine se lie d'une façon nécessaire à des idées sur l'autre vie. À Aurignac, à Cro-Magnon et à Menton, l'on a trouvé des lieux de sépulture régulière de cette époque, où de nombreux individus avaient été soigneusement déposés; et à la porte de ces grottes sépulcrales étaient les restes, impossibles à méconnaître, de sacrifices et de banquets en l'honneur des morts. Dès les premiers jours de son apparition, l'homme a porté la tête haute et regardé le ciel:
Os homini sublime dedit, coelumque tueri.
La race humaine, dont nous venons d'essayer de caractériser l'industrie, et qui vint s'établir dans nos pays à l'âge du renne, est très bien connue par les sépultures découvertes dans la France méridionale,
particulièrement par celle de Cro-Magnon dans la vallée de la Vézère, en Périgord. C'est encore une race de haute taille et très fortement dolichocéphale, comme celle dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, mais d'un type très différent et bien supérieur. «Au lieu d'un front bas et fuyant placé au-dessus de ces crête sourcilières qui ont fait penser au singe, dit M. de Quatrefages, au lieu d'une voûte surbaissée comme dans le crâne de Neanderthal et ses congénères, on trouve ici un front large, s'élevant au-dessus de sinus frontaux assez peu accusés et une voûte présentant les plus belles proportions... Le crâne est encore remarquable par sa capacité. Elle est très supérieure à celle de la moyenne chez les Parisiens modernes; elle l'est également à celle des autres races européennes modernes. Ainsi chez ce sauvage des derniers temps quaternaires, qui a encore lutté contre le mammouth avec ses armes de pierre, nous trouvons réunis tous les caractères craniologiques généralement regardés comme les signes d'un développement intellectuel.»