Jean-Paul est sensible à cette joie du nouvel été et un vers lui revient de Francis Jammes:

... Quand, aux dimanches soirs,
La grand'ville éclatait de légères fanfares...

Il cherche des yeux le livre du poète. Mais les éditions du Mercure de France n'envahissent pas sa table comme autrefois. Des brochures les ont remplacées, où un abbé instruit démontre que l'inquisition et la Saint-Barthélemy ne sont pas imputables à l'Église.

Voici un mois que Jean-Paul s'est donné tout entier à la cause et les petits démocrates admirent sa parole diserte, sa froideur, et tout ce qui en lui trahit le grand bourgeois—malgré la vareuse et la cravate lavallière...

Mais dans cette transparence de crépuscule, Jean-Paul éprouve le besoin d'évoquer sa vie passée. Aujourd'hui, il surveille jusqu'à ses rêves, pour demeurer chaste absolument—et voici que ce soir le souvenir l'obsède d'anciennes joies, un désir se réveille de voluptés jamais oubliées...

Vincent Hiéron ouvrit doucement la porte.

—Tu ne viens pas voir les camarades, Jean-Paul?

Le jeune homme ne quitta même pas son fauteuil.

—Non, dit-il, ce soir, je me sens fatigué. Mon âme a comme une fissure par où s'échappe, goutte à goutte, l'enthousiasme.

—Quel romantique tu fais! Mon pauvre Jean-Paul ... cela va finir avec le crépuscule...