—... Je vois mon Stop qui tient l'arrêt ... dans l'allée qui longe l'ancien marais, à l'endroit où il y a beaucoup d'ajoncs. Je m'avance. J'entends: vrr... J'épaule. Vlan! Ça y était—tu n'écoutes pas!
—J'ai autre chose à faire, gronda Martine—M. Balzon et Mlle Marthe vont arriver...
Elle porte le bol de café au lait fumant—presque une soupière.—Et, afin qu'il ne fasse pas «un rond» sur la table, elle le pose soigneusement sur le calendrier de l'année dernière. Car M. Bertrand Johanet, qui a cinquante mille francs de rentes et qui est généreux, eut toujours le souci de ne rien perdre... Il coupe ses tartines en menus morceaux dont il remplit le bol. Autrefois, Marthe et Jean-Paul aimaient beaucoup regarder le gros homme déjeunant. Des stalactites de café étaient suspendues à sa moustache et sa barbe...
Quelle idée, pour des Parisiens, de venir passer ici les jours de l'an! dit Martine.
—Il paraît que Marthe s'anémie. Le médecin veut l'aérer. Ici c'est plus abrité qu'à Castelnau,
—Ce qu'il faut à cette jeunesse, déclare sentencieusement Martine, c'est un mari.
Elle surveille ses casseroles et son rôti. Il y a pour déjeuner de la «tranche hachée», un gigot, un lièvre, de la purée de bécasses.
—On pourrait ajouter le pâté de foie ... propose M. Johanet... J'entends l'auto. Les voilà...
Débarrassée de ses fourrures, Marthe se rapproche frileusement du feu...
—Tu as besoin d'engraisser, ma petite, dit M. Johanet, et Martine ajoute: