Les deux cousins se regardèrent en souriant.
—Nous avons la même idée, Jules...
—Ce serait un joli couple, dit M. Balzon... Ils auraient leur million pour entrer en ménage.
M. Johanet parut soucieux.
—J'ignore les projets de Jean-Paul... Ah! c'est un enfant très aimable, très poli. Mais il a lu des livres. C'est un savant, un poète... Mon fils m'intimide comme un étranger.
—C'est triste! murmura le professeur.
Le père de Jean-Paul eut le geste résigné des paysans pour dire: Que veux-tu? C'est comme ça... Les jeunes et les vieux ne se comprennent jamais...
Il se leva pesamment, et, le dos arrondi, se dirigea vers le bureau et prit une photographie qu'il contempla silencieusement.
—Vois-tu, Jean-Paul est tout le portrait de sa mère. Je n'ai pas su le comprendre, lui non plus...
La photographie tremblait dans ses grosses mains velues...