—Oui, je suis malade... Alors, avec une délicatesse de bourgeois, tu veux me donner la joie d'une visite?...

Dérouté par cette ironie, Jean-Paul gardait le silence.

—Hé bien, je me serais passé de visite! Je n'ai pas besoin de pitié!... Ta présence me rappelle des heures trop dures!...

Et d'une voix plus sourde l'ouvrier ajouta:

—Ah! que je t'ai haï!

—Je l'ai mérité, Georges. Oui, je je ne suis qu'un enfant égoïste et cruel. Mais tu vois, dès que je t'ai su malade, je suis venu ... parce que tu es toujours mon ami...

Jean-Paul parlait avec cette tendresse un peu timide, ce savant abandon où il excellait. Son attitude penchée était celle qu'il utilisait autrefois dans ses essais de conquête

—Non, tu n'es plus mon ami...

Jean-Paul crut sentir moins de colère dans la voix de l'apprenti; mais il eut la maladresse d'ajouter:

—Je ne me pardonne pas de t'avoir fait souffrir.