† Franciscus, Card. RICHARD,
Arch. Parisiensis.
Lettre de M. François Coppée
Paris, 2 novembre 1898.
Mon Révérend Père,
Comme je vous le disais dans notre entretien de l’autre jour, c’est par le cœur que le bon Dieu m’a reconquis, et je pourrais, comme Chateaubriand, si parva licet…, m’écrier aussi : « J’ai pleuré et j’ai cru. » Mais cette foi qui attendrit et remplit mon cœur, je veux aussi qu’elle pénètre et triomphe dans mon intelligence, et des écrits comme le vôtre sont faits pour l’y affermir. Avec une force, une précision, une lucidité admirables, vous prouvez, en effet, que toutes les facultés de l’homme le portent à croire ; et je suis certain que votre petit livre de propagande aura de profonds et d’excellents effets. Vous calmerez les inquiets, vous ramènerez les égarés, et beaucoup d’âmes vous devront de retrouver cette paix que seule peut donner la Foi ; car elle est, en même temps, la satisfaction d’un besoin et l’accomplissement d’un devoir.
Croyez, mon Révérend Père, à ma sincère et respectueuse sympathie.
François COPPÉE.
AVERTISSEMENT
Cet opuscule s’adresse aux âmes inquiètes, tentées ; aux esprits qui connaissent les angoisses du doute ; à tous ceux, enfin, qui, placés dans un milieu où rayonne l’enseignement de l’Église catholique, se plaignent de n’avoir jamais reçu le don de la foi, ou semblent regretter de l’avoir perdu.
Quoique pénétrés pour ces derniers d’une profonde sympathie, nous ne pouvons pourtant pas les innocenter tous indistinctement. Plusieurs, à un moment de leur vie, ont eu l’imprudence d’accueillir le doute, de s’y complaire ; puis, s’apercevant que l’édifice de leur foi commençait d’être ébranlé, au lieu de chercher les moyens d’en réparer les brèches et, Dieu aidant, de le consolider, ils concoururent, complices plus ou moins responsables, à en saper les bases et à le renverser. Mais tous ceux qui nous donnent leur incrédulité pour la conséquence fatale de la réflexion, de la tournure d’esprit et de caractère, et surtout de l’éducation, ne sont pas également coupables.