La vieille se dirigea vers le fromager pour s'y cacher avec les autres femmes. A peine avait-elle fait un pas qu'une effroyable bourrasque vint secouer frénétiquement les branches du fromager. Dans l'arbre les singes se mirent à caqueter, à faire un tintamarre assourdissant. Les feuilles s'envolaient comme un essaim, en tourbillonnant par centaines. Cela dura une bonne demi-heure. Tous étaient transis, immobiles d'épouvante.—Enfin le vent cessa.

L'enfant avait disparu et avec lui toutes les offrandes: les 7 boulettes, les 7 oeufs et la bouteille de tafia. Seules, les assiettes étaient toujours au même endroit.

Jamais depuis on n'a revu l'enfant. Jamais plus on n'a entendu rien de lui.

Sambadougou, 1907.

Conté par ÉDOUARD NGOM.

III

LA TÊTE DE MORT

(Peuhl).

En entrant dans un village, un homme a trouvé une tête décharnée et aux orbites vides de leurs yeux, qui était sur le bord de la route. C'était la tête d'un homme mort depuis sept ans: «Pourquoi cette tête-là est-elle ici? se demande le passant».