Sakaye s'approcha du vieillard et lui dit: «Je suis prêt à travailler toute une journée pour un tel salaire!» Ce vieillard était un yébem[144] qui ne venait au marché que pour duper quelque étranger afin de l'emmener chez lui et de le manger. Il répondit: «Eh bien, Sakaye Macina, laisse ici ta monture et viens avec moi jusqu'au pied de cette haute montagne. C'est là que tu trouveras de la besogne à faire».

Note 144:[ (retour) ] Guinné (mot kâdo).

Sakaye suivit, sans mot dire, le yébem qui avait pris le chemin de la montagne indiquée. Quand ils furent au pied de cette montagne, le yébem dit à son compagnon: «Grimpe là-haut. Tu y verras d'autres travailleurs déjà en train de s'occuper.»

—«Mais par où monter? demanda Sakaye. Je ne sais comment m'y prendre! La pente est par trop raide!».

—«Je vais te procurer une monture qui te portera jusqu'au sommet du mont!»

Et le vieux frappa dans ses mains. Aussitôt une gigantesque tourterelle apparut, toute sellée et bridée: «Enfourche ce cheval!» dit le vieux à Sakaye. Celui-ci obéit à l'invitation et l'oiseau s'éleva jusqu'au faîte du mont. Il déposa son cavalier sur un gros rocher et disparut.

Sakaye regarda tout autour de lui et aperçut une case toute vermeille. Cette case était d'or pur.

Il s'en approcha et vit un autre vieillard dont les yeux étaient aussi gros et aussi rouges que le soleil quand il se lève à l'horizon.

Comme il se dirigeait vers ce vieillard, il vit, au loin et bien au-dessous de lui, l'univers entier (car la montagne sur laquelle il se trouvait était la plus haute de toute la terre).

Quand il fut tout près du vieillard-aux-yeux-de-soleil, il reconnut quantité de crânes humains épars sur le sol. Il demanda au vieux à qui appartenait la case d'or et qui avait tué les propriétaires de tous ces crânes.