«—Voilà un heureux présage pour tout le monde! Allah vous revaudra plus tard ce que vous aurez fait sur terre. Et personne ne pourra cacher dans la terre les bonnes actions faites par autrui. Elles en ressortent toujours.»
«—J'ai vu encore trois séanes, dit le gourgui. Le premier communiquait avec le troisième mais, dans celui du milieu, il n'y avait rien. Que signifie cela?»
«—Cela veut dire, répond le sérigne, qu'à la fin du monde seuls les hommes riches seront en bons rapports entre eux. Quant aux pauvres, on les rejettera: ils ne compteront plus».
Le gourgui rapporte enfin que le porteur de bois ne pouvait arriver à soulever son fardeau et que, chaque fois qu'il avait en vain tenté de le faire, il allait chercher d'autres branches pour les ajouter à ce fagot déjà trop lourd: «Ce porteur, dit-il m'a déclaré se nommer Adina[176]».
«—Ah! répond le savant marabout, celui-ci a dit vrai en se donnant ce nom. A la fin du monde on verra ceux qui ne peuvent venir à bout de leur tâche en augmenter eux-mêmes les difficultés, ne faire que des sottises, de sorte que leur embarras n'aura pas de fin. Ils feront comme les débiteurs qui augmentent sans cesse le chiffre de leurs dettes.»
C'est ainsi que le sérigne expliqua à son fils ce que ce dernier avait vu.
Yang-Yang 1904.
Conté par SADIANDIAM DABO.
Interprété par AHMADOU DIOP.
Note 176:[ (retour) ] La misère humaine.