Note 172:[ (retour) ] Tamarinier, grand arbre du Sénégal.
Il poursuit son voyage. Et voici qu'il rencontre de nouveau quelque chose: un siga, c'est-à-dire un petit morceau de bois, de la grosseur d'un crayon à peu près. Se souvenant des ordres de son père, il a mis le siga dans le sable, mais, immédiatement, le siga saute du trou où il a tenté de l'enterrer. Et chaque fois que le gourgui essaie de remettre en terre le siga, le siga lui saute des mains. Pas moyen de le faire rester aux endroits où il veut le mettre! Il y renonce.
Ensuite le gourgui a rencontré 3 séanes[173]. Dans le premier il y avait de l'eau; dans le dernier aussi, mais rien dans celui du milieu. Après qu'il eut laissé les séanes derrière lui, il se trouva en face d'un ouarhambâné[174] plus fort qu'Oumar[175], deux fois plus grand. Il est venu ramasser du bois avec deux lanières de cuir. Il en a formé un énorme fagot. Chaque fois qu'il soulève ce fagot pour se le mettre sur la tête, le trouvant trop lourd, il le rejette à terre et se remet à ramasser du bois pour l'ajouter à cette charge qu'il lui est déjà difficile de soulever.
Note 173:[ (retour) ] Grand trou, creusé en entonnoir et peu profond, destiné à recevoir les eaux de pluie ou à atteindre une nappe d'eau peu éloignée.
Note 174:[ (retour) ] Ouarhambâné, célibataire, homme dans la force de l'âge.
Note 175:[ (retour) ] Jardinier de la résidence, d'une taille de 1 m. 80 environ.
Le gourgui demande à cet homme:
«Comment t'appelles-tu?»—Et l'autre lui répond: «Mon nom est Adina».
Le fils du marabout est revenu chez son père pour lui raconter ce qui lui est arrivé. Le sérigne lui dit: «Qu'as-tu vu, mon petit garçon?—Mon père, dit-il, j'ai d'abord vu quelque chose qui ressemblait à une case».—«C'est la misère qu'elle représente, explique le père. Ceux qui gardent bien leur misère en leur coeur verront un jour leur ennui les quitter. Qu'as-tu rencontré après cela?»
—«J'ai vu, dit le gourgui, un morceau de bois de la grosseur d'un siga».