XV
LE FILS DU SÉRIGNE
(Ouolof).
Samba Atta Dâbo, l'exorciste, m'a raconté ceci:
Il y avait un sérigne[170] très savant qui envoya son fils voyager: «Pars demain matin de bonne heure, lui recommanda-t-il, et la première chose que tu trouveras sur ton chemin, avale-la. La deuxième chose que tu verras, tu devras l'enterrer. Quant à la troisième qui se rencontrera, regarde-la bien pour te rendre compte exactement de ce que ce sera. Enfin, si tu vois encore quelque chose pour la quatrième fois, demandes-en le nom. Et quand le nom t'en aura été donné, alors tu reviendras ici.»
Note 170:[ (retour) ] Marabout, savant musulman.
Au matin le gourgui[171] s'est mis en route. Il a suivi le chemin que lui avait indiqué son père jusqu'à ce que quelque chose se soit montré à ses yeux. Cette première chose c'était une sorte de grande case.
«Comment avaler cela?» se demande-t-il, tout effrayé.
Mais la case diminue, diminue... et devient grosse à peine comme une graine de dar'har[172]. Il l'a avalée sans difficulté.
Note 171:[ (retour) ] Garçon, (mot ouolof).