Ahmed ouvre le premier poisson, puis le second; il en jette les boyaux. Alors le chat et le chien se précipitent dessus, les saisissent par leurs extrémités et tirent, chacun de son côté. La «saleté» se déchire et la bague tombe à terre.

«Prends ta bague» disent-ils à Ahmed. Et ils lui racontent comment la guinnârou les a envoyés pour reprendre la bague dérobée, comment le poisson l'a avalée et ce que la guinnârou leur a prescrit.

Ahmed attend jusqu'à la nuit. Il retire alors la bague de son doigt et formule un souhait. La guinnârou vient les prendre, lui et ses animaux, et les dépose entre la femme et le kélé. Le chat se place près du lit et le chien devant la porte à l'intérieur de la case.

Après avoir regardé la femme et le kélé, Ahmed sort doucement et va appeler ses captifs: «Gardez bien les issues du tata, leur commande-t-il, que personne ne puisse sortir!»

Il revient ensuite se coucher à la place où la guinnârou l'avait tout d'abord déposé.

Pendant la nuit, la femme d'Ahmed cherche le kélé pour ce que l'on devine; c'est Ahmed qu'elle touche et il fait des manières. Il refuse. La femme lui demande alors: «Pourquoi es-tu fâché aujourd'hui?—Oh! répond Ahmed, aujourd'hui je veux rester tranquille».—La femme a beau lui demander pardon et insister pour qu'il se prête à son désir.—«Non, dit-il, je ne le veux pas».

Alors la femme se fâche et se retourne de l'autre côté. Ils sont restés ainsi jusqu'à quatre heures du matin.

A ce moment le kélé veut saisir la femme dans la même intention. Il pose sa main sur la poitrine d'Ahmed et s'aperçoit qu'elle est velue. Il regarde mieux alors et reconnaît Ahmed. Il est pris d'une violente terreur.

A six heures Ahmed sort. Il envoie ses captifs convoquer les hommes du village «Comment va-t-on mettre à mort ces deux là?» demande-t-il.

Il appelle sa femme et lui dit: «Mon bengala avait beau être gros, il n'y en avait pas assez pour toi. Tu es allé chercher un kélé et tu m'as fait toutes les misères possibles. Eh bien! avant que je te tue, il faut que tu t'accouples avec lui devant tout le monde».