Il y a lieu de distinguer cette catégorie de celle dont on parlera immédiatement après, en ce que le conteur n'imagine que pour le plaisir d'imaginer tandis que l'autre catégorie trahit des intentions d'enseignement moral.

I.—Récits merveilleux.

Les récits uniquement merveilleux sont les plus nombreux. Il serait trop long de les énumérer. Aussi me bornerai-je à indiquer qu'ils se subdivisent en 3 classes principales et à donner quelques exemples, afin de mieux préciser la pensée qui a présidé à cette sous-classification.

Ce sont:

Les hallucinations individuelles où le conteur rapporte ses propres visions, nées d'un état d'exaltation tel que la terreur de l'obscurité ou même une folie commençante. Les contes d'Amadou Diop ne sont guère que cela. Je citerai notamment: La fille d'Aoua Gaye—Service de nuit—Le cabri—Une ronde impressionnante. C'est encore le cas pour La guiloguina et quelques autres contes correspondant à des impressions réelles de gens affolés par un sentiment de la nature que l'on vient d'indiquer. Dans ces derniers récits le conteur rapporte un événement arrivé à d'autres qu'à lui (voir Le konkoma—Le chasseur de Ouallalane—Les maîtres de la nuit, etc.).

Le merveilleux ordinaire où jouent leur rôle tous les êtres fabuleux créés par l'imagination des noirs: génies, hafritt, taloguina, nains, ogres, animaux-génies, etc. Ces contes sont très nombreux. Nous en étudierons les personnages en détail au chapitre III (personnages des contes).

Le merveilleux macabre. On en trouve des exemples moins nombreux que ceux de la subdivision précédente. (Voir les contes «d'Ybilis» de «La flûte d'Ybilis», du Cadavre ambulant», de «La fille qui voulait apprendre à chanter», du «Vieillard, son fils et les 7 têtes», de «La moqueuse», de «La créance de la Mort» de, «La sorcière punie», de «L'implacable créancier», du «Vampire»). Les races gourmantié, haoussa et bambara surtout, semblent, comme la race bretonne en France, très hantées de l'idée de la mort[21].

Il existe un conte gourmande: «La femme enceinte» analogue au conte haoussa de «L'implacable créancier» mais l'impression d'effroi y est moins intense. De même, pour une variante malinké de «La flûte d'Ybilis» où la substitution de Thyène au démon Ybilis atténue l'horreur du conte bambara.

Note 21:[ (retour) ] Cf. aux contes sur Ybilis: Le Ciel, l'araignée et la Mort (Delafosse op. cit.)

II—Contes anecdotiques et romanesques.