A côté de ces récits fantastiques ou simplement merveilleux se placent ceux ayant pour base un événement romanesque ou même une anecdote sans portée. C'est le caractère de la majorité des contes recueillis par Bérenger-Féraud dans ses Contes populaires de la Sénégambie et d'un conte du Dr Barot. (Lanséni et Maryama.) Parmi ceux du présent recueil je citerai tant comme romanesques qu'anecdotiques: Bala et Kounandi—La Mauresque—Les inséparables—Le couard devenu brave—Les deux intimes.
D. Contes à intentions didactiques.
Ces contes, que l'on pourrait appeler aussi contes moraux—car leur didactisme s'inspire généralement d'un prosélytisme moral—sont de deux sortes: les contes de morale idéale (religieuse et musulmane le plus souvent) ou théorique et ceux de morale pratique ou réelle. Ces derniers contes ont un grand rapport avec les fables et ne s'en différencient que par la nature humaine de leurs personnages.
1° Contes de morale théorique.
J'ai dit que les contes de morale théorique présentent le plus souvent un caractère religieux. Il convient cependant de noter que cette religion n'est pas toujours l'Islam. Ainsi «Une leçon de bonté» est sûrement d'inspiration fétichiste, ainsi que le conte du «Riz-de-la-bonne-épouse»[22], celui de «La femme fatale» ou du «Mariage de Niandou» qui préconisent le respect dû aux parents et aux personnes âgées.
Note 22:[ (retour) ] Cf. Le riz blanc.
Dans ces divers contes, il n'y a pas intervention divine comme dans les contes islamiques. Les génies seuls assurent le respect des principes. Dans d'autres récits au contraire c'est Dieu qui intervient sous divers noms (Allah, Outênou, Ouinndé etc.) soit directement, soit par l'entremise de ses serviteurs. Il prend le rôle de ces êtres surnaturels qui semblent d'anciennes personnifications des forces de la Nature dans le panthéisme dit «fétichisme» (Voir notamment les contes intitulés: Mâdiou le charitable—Le barké—Le marabout et le fama[23]—Les obligés ingrats de Ngouala—Le ngortann—L'enterré-vif—Le melon révélateur, etc).
Note 23:[ (retour) ] V. Bérenger-Féraud (op. cit.). Légende du bracelet rapporté par le poisson.
2° Contes de morale pratique.
Cette catégorie peut, au point de vue forme, se subdiviser en apologues symboliques et en contes proprement dits. Parmi les apologues symboliques il y a lieu de citer: Le guehuel et le damel—Kahué l'omniscient—La tête de mort—Trois frères en voyage—Le fils du sérigne—Le choix d'un lanmdo, etc. Ces contes, généralement sentencieux—ne sont pas toujours aisément intelligibles.