Pour les contes proprement dits où le récit offre un élément d'intérêt plus accentué, se reporter, entre autres, à ceux-ci après désignés: Le pardon du guinnârou—Le bien qui vous vient en dormant—Le lâri reconnaissant—et divers contes de Bérenger-Féraud[24], de Froger[25] et de Moussa Travélé[26].

Note 24:[ (retour) ] V. Bérenger-Féraud (id.) Le cavalier qui soignait mal son cheval—Le sage qui ne mentait jamais—L'homme qui avait beaucoup d'amis—L'ami indiscret.

Note 25:[ (retour) ] Connaître par soi-même—Enseignements d'un père à son fils.

Note 26:[ (retour) ] Le cultivateur et son fils.

E. Fables.

On pourrait ranger les fables dans la 2e classe de la catégorie précédente (morale pratique) si elles ne présentaient ce caractère spécial que leurs principaux acteurs sont des animaux, à l'exclusion presque absolue de l'homme dont le rôle—quand il lui advient d'en jouer un—n'est jamais qu'accessoire. Ce n'est pas que les animaux ne figurent dans les contes mais, dans ce cas, ils y sont dépeints avec des caractéristiques qui les rendent essentiellement différents du type, qui leur est attribué dans les fables. Les animaux des contes sont, soit des génies travestis, soit de véritables animaux-génies. Qui reconnaîtrait, par exemple, l'hyène grotesque et couarde des fables dans le chef des hyènes du conte de «Binanmbé» ou bien encore dans celui du conte intitulé «D'où vient le soleil[27]»?

Note 27:[ (retour) ] Voir également les animaux gardiens du dounnou ou l'hyène vengeresse de la morale outragée dans «Le châtiment de la diâto».

Le caractère fixé pour chaque animal dans la littérature «fablesque» est purement conventionnel. Ainsi le lièvre dont les Indo-Européens ont fait le symbole de l'inquiétude toujours en éveil[28] devient chez les noirs l'animal avisé, détenteur de ce sac à malices dont nous avons fait, nous, la propriété de compère le renard. Le lion n'est pas toujours pour eux le roi des animaux et l'éléphant leur parait plus souvent digne de ce titre d'honneur. Le serpent en qui nous voyons l'emblème de la prudence n'est pas nettement campé comme tel. En revanche, il ne joue pas inévitablement le rôle d'ingrat auquel l'a condamné notre imagination[29]. Même dans le conte-fable «Ingratitude», il met en garde l'homme contre l'ingratitude d'un propre congénère de celui-ci.

Note 28:[ (retour) ] Les noirs lui donnent aussi quelquefois ce rôle. V. «Chassez le naturel....»

Note 29:[ (retour) ]

Même dans le conte du serpent, cet animal agit plutôt en ingrat passif.—La Fontaine a d'ailleurs dit chez nous:

... Que le symbole des ingrats.

Ce n'est pas le serpent, c'est l'homme.