On en trouvera des spécimens dans Bérenger-Féraud: (L'homme à la poule) et dans Froger. (Les trois grigris,—Zaleum et Songo).

CHAPITRE II.

Le fond et la forme dans la littérature indigène.

1° Fond: Thèmes favoris des noirs, 2° Forme: Leurs procédés de prédilection. Comparaison à ce point de vue avec les Aryens: Mythologie.—Allemands (Grimm et Bechsteitv).—Bretons (Barsaz-Breiz, Luzel, La Braz).—Russes (Sneegoroutchka).—Français (Perrault, Mme d'Aulnoy, Mme Leprince de Beaumont); Histoire de France.—Scandinaves (Andersen. Légende de Sire Olaf dans le bal des Elves) et sémites (1.001 nuits et légendes bibliques).—Procédés qui semblent exclusivement indigènes.—Thèmes indo-européens qui ne semblent pas avoir été traités dans la littérature merveilleuse des noirs.—Le chevaleresque dans les légendes indigènes. Les Torodo.—Le symbolisme indigène: les apologues.—L'onomatopée.—La forme du conte. Les parties rythmées et chantées. Un jugement prématuré rectifié par l'expérience.

Je vais, dans ce chapitre, être obligé une fois de plus à une sèche nomenclature, mais il va de soi que cette étude n'est pas destinée à tous les lecteurs de ce recueil. Elle n'a pour but que de faciliter leur travail à ceux qui entreprendraient d'étudier la matière plus à fond. Aussi ne conseillai-je qu'à ceux-là la lecture un peu aride de cet avant-propos.

THÈMES FAVORIS DES CONTEURS INDIGÈNES.

Il est certains thèmes pour lesquels les noirs ont une préférence marquée. Ces thèmes se retrouvent pour la plupart dans les littératures mythiques des autres races avec des variantes assez légères.

D'autres, au contraire, semblent—ici, comme dans tout le cours de cet essai, je préfère n'affirmer qu'au cas de certitude absolue—semblent, dis-je être spéciaux à la littérature indigène.

La faiblesse protégée. Un de ces thèmes, qui dénote de la part des noirs une sensibilité assez prompte à s'apitoyer, est celui qui a trait à l'existence misérable des orphelins de mère (la marâtre joue seule ici le rôle odieux qu'elle partage dans l'imagination des Européens avec la belle-mère proprement dite). Par bonheur les puissances surnaturelles viennent en aide à ces déshérités pour la cessation de leurs peines et le triomphe de la justice[33] à moins que ce triomphe ne se voie assuré par reflet d'un hasard, apparent ou réel. Voir: Le sounkala de Marama,—L'orpheline de mère,—Les orphelines,—La marâtre punie,—Sambo et Dioummi, etc.

Note 33:[ (retour) ] Cf. Barot, Le pilon de Marama.