La jalousie conjugale tournée en dérision.—C'est le thème de maints contes gaillards de tous les pays et de toutes les races d'hommes. L'humanité ne se lasse pas de se gausser d'un sentiment que jamais pourtant elle ne cessera d'éprouver. V. La précaution inutile—Le jaloux assagi—Le mari jaloux—Bala et Kounandi.
La jalousie entre co-épouses.—Ce thème remplace, nous l'avons dit plus haut, dans la littérature indigène, le thème de la belle-mère jalouse de sa bru. V. Le riz de la bonne épouse—Les sinamousso—Jalousie de co-épouse, etc.[39].
Note 39:[ (retour) ] V. Barot (op. cit.), Le riz blanc.
C'est cette haine jalouse d'une femme contre sa compagne qui se reporte souvent sur les orphelins de celle-ci, comme en témoignent divers contes cités plus haut et relatifs aux dits orphelins.
Il y aurait certainement un grand nombre d'autres thèmes à énumérer, mais ceux que je viens de citer sont les plus fréquemment mis en ouvre[40].
Note 40:[ (retour) ] Noter pour les apologues les symboles des puits communicants: (Kahué l'omniscient—Adina—Enseignements d'un fils) Froger, op. cit.,—du boeuf gras qui ne mange pas et du boeuf maigre qui dévore sans profit (Kahué, 3 frères en voyage, etc.).
PROCÉDÉS DE PRÉDILECTION DES CONTEURS NOIRS.
Il y a lieu maintenant de voir de quelle façon nos conteurs brodent sur leurs divers thèmes. Tout en indiquant les procédés d'intérêt dont ils usent le plus volontiers, nous signalerons les ressemblances de ces procédés avec ceux que les Indo-Européens emploient et nous constaterons au passage de très nombreuses ressemblances.
Voici les principaux de ces détails dont s'enjolivent nos récits:
L'avalement de l'adversaire.—V. Le fer qui coupe le fer[41]. Ce procédé est employé aussi pour embellir celui à qui on l'applique (V. Les prétendants de Fatoumata).