Note 45:[ (retour) ] Cf. le Goldesel de Esel streck'dich. (Bechstein et Grimm).
Note 46:[ (retour) ] On rencontre une association fréquente entre l'idée de l'or et celle d'un baobab ou de la proximité d'un baobab.
Le dédain de l'athlète pour les armes qu'on lui présente.—V. Amatelenga.
Les procédés que je viens de rapporter sont, à ma connaissance, presque exclusivement indigènes. Ceux qui vont suivre ont des correspondants dans la littérature indo-européenne. Nous noterons ces rapports de ressemblance au fur et à mesure. Ils sont tellement fréquents qu'ils pourront faire croire à plus d'un lecteur que le noir est surtout un imitateur et que sa littérature merveilleuse n'est qu'un pastiche pur et simple.
Le lieutenant Lanrezac s'est élevé contre cette opinion dans son Essai de folklore au Soudan. Il a dit le nécessaire, à mon sens, pour condamner cette hypothèse et soutenu victorieusement la thèse que la littérature indigène est presque absolument originale. Nous verrons en effet que l'influence qui paraîtrait la moins probable—celle des races européennes avec lesquelles le noir est en contact depuis beaucoup moins de temps qu'avec les sémites musulmans—serait, en réalité, la plus manifeste, à en juger d'après les apparences. Les musulmans qui, auraient dû, semble-t-il, inspirer fortement la littérature merveilleuse des noirs, n'y laissent au contraire que de rares traces d'influence.
Sans doute il se rencontre quelques réminiscences de la Bible dans les contes des pays islamisés de longue date mais l'énumération en serait brève.
Ainsi on peut rapprocher l'histoire de Déro et de ses frères de celle de Joseph vendu par les siens et leur rendant le bien pour le mal. De même dans les contes des Gow de Dupuis-Yakouba on notera des réminiscences de l'histoire de Joseph et de la femme de Putiphar (histoire qui est d'ailleurs un peu celle de Phèdre et d'Hippolyte).
On peut encore rapprocher de la bénédiction d'Isaac mourant, surprise par Jacob au moyen d'un stratagème, celle du roi Dinah surprise par son second fils (Lanrezac, op. cit.) mais de telles rencontres, sont, je le répète, très peu fréquentes.
J'aurai à peu près épuisé les comparaisons entre les littératures islamique et indigène, au point de vue des procédés, en énumérant quelques détails, réminiscences des 1001 Nuits. Contre mon attente, ces ressouvenirs, qui peuvent d'ailleurs souvent se référer aussi bien à des procédés indo-européens, ne sont pas très nombreux. Ainsi: la condition imposée à un passager transporté par un génie de ne pas prononcer le nom de Dieu (Conte des calenders. Le cavalier d'airain) se retrouve dans le conte ouolof Ibrahima et les hafritt[47].
Note 47:[ (retour) ] Cf. conte des calenders (1001 Nuits). Le prince qui ne veut pas d'une femme niassée. Benipo et ses soeurs. Khadidia l'avisée. C'est la légende de Protée.