Note 88:[ (retour) ] Cf. les korrigans bretons.
Note 89:[ (retour) ] Contes inédits des 1001 Nuits (De Hammer Tome II, p. 169, Hist. de Seïfol Molouk et de Bediol-Djemal) le génie qui supplie Saïd qui l'a frappé de lui donner un 2e coup et qui meurt du refus de Saïd de lui donner satisfaction alors qu'un 2e coup l'eut guéri de sa 1re blessure.
Allah, d'après les musulmans, ne reste pas toujours impassible en présence des méfaits de certains guinné trop malfaisants. Le châtiment d'un guinné par le pivert alors qu'il prépare la ruine d'un village. (Conte du NGortann) en est la preuve.
Les guinné s'unissent assez volontiers à la race des hommes, les guinné mâles principalement car il semble ressortir du conte d'Anta que les femmes guinné s'y prêtent moins facilement. Comme exemple de ces dernières unions, je citerai les contes de Mamadou et d'Anta la guinné,—La guiloguina, La tâloguina,—La mounou de la Falémé,—Kelimabé et Moussa Nyamé (Contes des Gow. D.-Y.) Le cas le plus fréquent est celui où c'est une femme de race humaine qui épouse un guinné (Nancy Mâra—Kahué l'omniscient—Moussa Nyamé[90]—La femme de l'ogre—Le mari de Nantêné—Le cheval noir—Goloksalah et Penda Balou[91]).
Note 90:[ (retour) ] Contes des Gow (D.-Y).
Note 91:[ (retour) ] Bérenger-Féraud.
Les enfants nés de ces unions tiennent en général du guinné plus que de la race humaine. Ils se sentent plus à l'aise parmi les guinné. Ainsi, dans le conte de La femme de l'ogre, le fils du guinné soustrait sa mère à l'appétit paternel mais, après l'avoir menée hors d'atteinte, il s'en retourne près des siens. En général ces métis sont des sortes de surhommes: des sages comme Kahué l'omniscient, des héros comme Moussa Nyamé. Kahué jouit d'une jeunesse prolongée au delà des limites normales.
Ces unions ne sont pas heureuses et finissent de façon fâcheuse; aussi se contractent-elles généralement grâce à l'insincérité du prétendant qui dissimule sa véritable nature avant et même, dans la plupart des cas, après le mariage.
Les guinné adoptent volontiers des enfants de race humaine et les enlèvent à leurs parents dans cette intention. Ils les instruisent, leur donnent certains pouvoirs de divination ou de prestidigitation[92]. Ils en font surtout des médecins capables de guérir les maladies et au besoin de les provoquer. Voir à ce sujet: Le kitâdo vengé—Les jumeaux de la pauvresse—Le fils adoptif du guinnârou,—L'orpheline et son frère,—Déro,—Les talibés rivaux, etc., etc.
Note 92:[ (retour) ] Samako Niembelé m'a rapporté le fait suivant: «Il y a à Kayes un nommé Diéna Moussa qui passe pour avoir été élevé par les faro. Un jour il m'a dit: «Samba donne-moi des kolas!—Je n'en ai pas, ai-je répondu—Mets des cailloux dans ta chéchia» Je l'ai fait et après quelques tours de passe-passe il me l'a rendue pleine de kolas. On dit que la faro lui a donné tous les grigris qu'il a».