—C'est cela: le travail produit, la politique détruit; et voilà pourquoi le travail n'a pas sa récompense.
—Mais c'est la politique qui provoque le travail, en lui donnant les colonies pour tributaires.
—C'est au contraire à ses dépens que sont fondées les colonies; et c'est parce qu'il sert à cela qu'il ne sert pas à nourrir, vêtir, instruire et moraliser le travailleur.
—Mais voici un peuple qui est laborieux et n'a pas de colonies. Selon vous, il doit s'enrichir.
—C'est probable.
—Eh bien! cela n'est pas. Tirez-vous de là.
—Voyons, dit-elle: peut-être que ce peuple est imprévoyant et prodigue. Peut-être est-ce sa manie de convertir tous ses revenus en fêtes, jeux, bals, spectacles, brillants costumes, objets de luxe, fortifications, parades militaires?
—Quelle hérésie! quand c'est le luxe qui enrichit les nations... Cependant ce peuple souffre. Comment n'a-t-il pas seulement du pain à discrétion?...
—Sans doute que la récolte a manqué.
—C'est vrai. Mais les hommes n'ont-ils pas le droit de vivre? D'ailleurs, ne peut-on pas faire venir des aliments du dehors?