—Règle générale bien simple et bien méconnue: chaque travail donne un résultat et non pas deux. Celui qu'on dissipe à contenter des fantaisies puériles ne peut satisfaire des besoins plus réels et d'un ordre plus élevé.

—Est-ce qu'il en est de même dans la société?

—Exactement. Pour un peuple, le travail qu'exige le goût des modes et des spectacles ne peut être consacré à ses chemins de fer ou à son instruction.

—Si les goûts de ce peuple se tournaient vers l'étude et les voyages, que deviendraient les tailleurs et les comédiens?

—Professeurs et ingénieurs.

—Avec quoi la société payerait-elle plus de professeurs et d'ingénieurs?

—Avec ce qu'elle donnerait de moins aux comédiens et aux modistes.

—Voulez-vous insinuer par là que, dans l'état social, les hommes doivent exclure toute diversion, tous les arts, et se couvrir simplement au lieu de se décorer?

—Ce n'est pas ma pensée. Je dis que le travail qui est employé à une chose est pris sur une autre; que c'est au bon sens d'un peuple, comme à celui de Robinson, de choisir. Seulement il faut qu'on sache bien que le luxe n'ajoute rien au travail; il le déplace.

—Est-ce que nous pourrions étudier aussi le traité de Méthuen dans l'île du Désespoir?