Je rentrai chez moi pour revoir mes notes et les mettre en ordre. Je ne puis mieux faire que de les publier ici.
«Depuis vingt-sept ans, grâce aux lois imposées au pays par la Chambre du double vote, il y a eu en France:
- Moins de blé;
- Moins de viande;
- Moins de laine;
- Moins de houille;
- Moins de bougies;
- Moins de fer;
- Moins d'acier;
- Moins de machines;
- Moins de charrues;
- Moins d'outils;
- Moins de draps;
- Moins de toiles;
- Moins de fils;
- Moins de calicot;
- Moins de sel;
- Moins de sucre;
Et moins de toutes les choses qui servent à nourrir, vêtir, loger, meubler, chauffer, éclairer et fortifier les hommes.»
Par le grand Dieu du ciel, m'écriai-je, puisqu'il en est ainsi, la France a été moins riche.
En mon âme et conscience, devant Dieu et devant les hommes, par la mémoire de mon père, de ma mère et de mes sœurs, par mon salut éternel, par tout ce qu'il y a de cher, de précieux, de sacré et de saint en ce monde et dans l'autre, j'ai cru que ma conclusion était juste.
Et si quelqu'un me prouve le contraire, non-seulement je renoncerai à raisonner sur ces matières, mais je renoncerai à raisonner sur quoi que ce soit; car en quel raisonnement pourrai-je avoir confiance, si je n'en puis avoir en celui-là?
19 Décembre 1847.
«Vous vous rappelez parfaitement, cher lecteur...
—Je ne me rappelle absolument rien.