«Le travail constitue la richesse d'un peuple, parce que seul il crée les choses matérielles que réclament nos besoins, et que l'aisance universelle consiste dans l'abondance de ces choses.»—Voilà le principe.
«Mais il faut que cette abondance soit le produit du travail national. Si elle était le produit du travail étranger, le travail national s'arrêterait promptement.»—Voilà l'erreur. (Voir le sophisme précédent.)
«Que doit donc faire un pays agricole et manufacturier? Réserver son marché aux produits de son sol et de son industrie.»—Voilà le but.
«Et pour cela, restreindre par des droits et prohiber au besoin les produits du sol et de l'industrie des autres peuples.»—Voilà le moyen.
Rapprochons de ce système celui de la pétition de Bordeaux.
Elle divisait les marchandises en trois classes.
«La première renferme des objets d'alimentation et des matières premières, vierges de tout travail humain. En principe, une sage économie exigerait que cette classe ne fût pas imposée.»—Ici point de travail, point de protection.
«La seconde est composée d'objets qui ont reçu une préparation. Cette préparation permet qu'on la charge de quelques droits.»—Ici la protection commence parce que, selon les pétitionnaires, commence le travail national.
«La troisième comprend des objets perfectionnés, qui ne peuvent nullement servir au travail national; nous la considérons comme la plus imposable.»—Ici, le travail, et la protection avec lui, arrivent à leur maximum.
On le voit, les pétitionnaires professaient que le travail étranger nuit au travail national, c'est l'erreur du régime prohibitif.