Supposez que Victoria fasse et publie cette réponse:
«Mon gouvernement est d'avis que vous acceptiez la députation. Par là vous pourrez rendre de grands services directement à ma puissance spirituelle et, par suite, indirectement à ma puissance temporelle; car il est bien clair que chacune d'elles sert à l'autre.»
Je le demande, cet homme pourrait-il être considéré comme un loyal et sincère représentant de la France?...
80.—DE LA SÉPARATION DU TEMPOREL ET DU SPIRITUEL.
(Ébauche inédite)[102].
Les affaires de Rome ont-elles une solution possible?—Oui.—Laquelle?—Qu'il se rencontre un pape qui dise:
«Mon royaume n'est pas de ce monde.»—Vous croyez que ce serait la solution de la question romaine?—Oui, et de la question catholique et de la question religieuse.
Si, en 1847, quelqu'un eût proposé d'anéantir la Charte et d'investir Louis-Philippe du pouvoir absolu, c'eût été contre une telle proposition une clameur générale.
Si, de plus, on eût proposé de remettre à Louis-Philippe, outre le pouvoir temporel, la puissance spirituelle, la proposition n'eût pas succombé sous les clameurs, mais sous le dédain.
Pourquoi cela? Parce que nous trouvons que le droit de gouverner les actes est déjà bien grand, et qu'il n'y faut pas joindre encore celui de régenter les consciences.
Mais quoi! à celui qui a le pouvoir temporel donner la puissance spirituelle, ou bien à celui qui est le chef spirituel accorder le pouvoir temporel, est-ce donc bien différent? et le résultat n'est-il pas absolument le même?