— Non ! répondit sèchement l’enfant, qui parut offensé.
Mais bientôt il dit qu’il avait neuf ans, apprit qu’Irma en avait onze et lui demanda ce qu’elle faisait.
— Pour le moment je finis la vaisselle, dit-elle avec simplicité. Ce tantôt je vais avec maman reporter son ouvrage. Et vous, ajouta-t-elle pour qu’il y eût réciprocité de confidence, qu’est-ce que vous faites ?
— Je m’ennuie. Je ne peux pas lire parce que j’ai mal à la tête et je ne peux pas courir parce que j’ai mal au dos. Quelquefois je me promène en voiture avec grand’mère ou ma gouvernante, mais cela ne m’amuse pas…
— Faut que je m’en aille, interrompit Irma, voilà maman qui m’appelle…
Le lendemain les maçons n’avaient pas reparu et les deux enfants se revirent à travers la brèche.
— Bonjour… dit Irma la première.
— Bonjour, Irma. C’est exprès pour vous voir que j’ai ouvert la fenêtre, vous savez. On me permet d’ouvrir les autres qui donnent sur le jardin, mais celle-là c’est défendu.
Il garda le silence un instant, et de sa petite voix tranquille, reprit :
« La pièce où je suis, c’est le grand salon. C’est là où je joue. Grand’mère reste toujours dans son petit salon, à l’autre bout de la maison. Ici, les domestiques me laissent tranquille…