— Vous n’avez donc pas de parents ? demanda Irma.
Il secoua la tête de son air las et mélancolique.
— Je n’ai plus que grand’mère… Personne ne vient jamais la voir que des vieux, vieux… Et vous ?
— J’ai maman. Et puis j’ai Jacquot qui a six ans et Nana qui a quatre ans ; c’est mes frère et sœur. Et puis papa est soldat dans l’artillerie lourde. Et faut même que je me dépêche à mon ouvrage parce qu’on va lui porter son paquet à l’expédition. C’est le jour. Et maman a dû veiller ces derniers soirs pour avoir de quoi acheter les choses…
Le petit garçon eut une minute de réflexion et déclara :
— C’est vrai qu’elle a l’air bien sale, votre maison…
— Pas plus sale que la vôtre ! répliqua Irma vexée. Et, avec irritation, elle retourna tremper ses petites mains gercées dans l’eau grasse de la vaisselle.
Le lendemain elle fut la première à ouvrir sa fenêtre et, après quelques instants de conversation, demanda brusquement :
— N’est-ce pas que je suis très laide ?
Elle l’était, en effet, d’autant plus qu’elle était devenue très rouge sous ses taches de rousseur.