Elle le poussa dans la chambre à coucher.
« Ote ta jaquette ! Ote ton faux col ! Dépêche-toi donc ! Mets ce foulard, couche-toi sur le canapé… »
Elle étendit sur lui un couvre-pied, plaça un oreiller sous sa tête, posa sur une table, au chevet du canapé, deux vieilles fioles de potion et la tasse de camomille. Puis, en un instant, elle eut ôté sa robe, passé un peignoir, défait ses cheveux.
« Tu comprends, tu as été très malade hier, souffla-t-elle à son mari. Heureusement, tu as mauvaise mine ces jours-ci… »
On sonnait, elle alla ouvrir.
« Chut !… Ma cousine, je vous en supplie, ne faites pas de bruit… Il a été bien mal, mais il repose… dit-elle à la cousine Armande, qui arrivait avide de vengeance et qui, ahurie, demanda des explications. »
Elle les eut longues et pathétiques. Vadège, la veille, avait failli mourir. Le médecin était venu. Marcelle pleura. Quelle peur elle avait eue !… Après quelques minutes, les deux femmes, à pas furtifs, entrèrent dans la chambre à coucher. La cousine Armande s’approcha du canapé ; son visage, habituellement revêche, exprimait la compassion.
— Eh bien ! mon cousin, voyons, ça ne va donc pas ?
Vadège eut un vague grognement. Il avait si peur de la maladie que le rôle qu’il jouait l’inquiétait malgré tout.
— Ça va un peu mieux, intervint Marcelle, mais il doit prendre des précautions… Il se tue de travail…