— Je ne suis pas un mendiant, c’est pas vrai ! Et c’est vrai que j’ai à lui parler !…
Le gamin, indigné, était devenu très rouge. Il reprit après une hésitation :
« Et puis, quoi, je peux bien vous le dire, ça m’est égal : je suis son neveu, à M. Morin.
— Hein ? quoi ? qu’est-ce qu’il dit ? Mon neveu ?
C’était l’habitué qui jouait au billard avec le patron. Dans sa stupeur, il avait laissé tomber sa pipe et il regardait le gamin avec effarement.
— Eh ben ! le voilà, M. Morin ! dit, ahuri, le patron en le désignant.
Il y avait eu un mouvement dans le café. L’événement était passionnant. Les joueurs, laissant leurs cartes, et la dame du comptoir elle-même, s’étaient approchés.
— Alors… alors c’est vous monsieur Morin ? dit le gamin… Alors, moi je suis votre neveu, Louis Langlois…
— Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Mais qu’est-ce qu’il raconte ? balbutia M. Morin, qui semblait affolé.
— Louis Langlois, poursuivit le garçon… Vous savez bien, le fils de votre sœur Pauline… Et… et maman est morte…