— Oh ! si, moi, j’ai bien compris, dit seulement M. Maurin, en s’en allant avec le gamin.
UNE FIN
Devant le morceau de miroir pendu à la fenêtre il refit la raie qui séparait ses cheveux longs et à peine gris. Il resserra sa haute cravate romantique, endossa son veston et coiffa son feutre.
— Prosper, tâche de trouver quelques sous, ce tantôt. Il reste à peine de quoi pour dîner, et demain on n’aura rien du tout, gémit sa femme.
Assise à côté d’une fillette maigre, d’une douzaine d’années, qui comme elle reprisait des bas, elle était informe et sans âge dans son vieux peignoir élimé. Levant vers son mari un visage flétri, elle reprit :
— Ah ! mais c’est vrai, tu vas faire tes visites aujourd’hui, tu as mis ton vêtement propre.
Il ne répondit pas et sortit. Sur le palier, ses deux plus jeunes enfants se roulaient par terre avec d’autres galopins. Une voix l’interpella comme il passait devant la porte entre-bâillée d’un taudis où un savetier hirsute martelait une semelle.
— M’sieur Vougne, eh ben, et mon ressemelage ? M’ faut mon argent, dites donc ! V’là assez longtemps que j’attends ! Si c’est pas un malheur de voir ça !
— J’y pense, comptez sur moi… jeta, d’un ton qui voulait être dégagé, M. Vougne.
Il fila en hâte, poursuivi par les invectives du savetier et, en bas, passa comme un trait devant la loge de la concierge pour éviter une nouvelle algarade qu’il prévoyait.