C……

Mon billet fut transmis au dehors et l’Homme sauvage retourna à sa douche.

Je me sens saturé d’une joie à nulle autre seconde. Je puis dire que je savoure mes derniers instants de captivité. Tout le monde autour de moi paraît plein de bonheur. L’allégresse est universelle. Le boa seul me semble un peu triste… C’est de me quitter… Pauvre bête. Il est gentil en somme et cela me fait quelque chose de penser qu’il m’aime tant. Croirait-on que M. Truie lui-même sommeille en souriant et bavant comme un petit enfant. Je plains beaucoup ce pauvre vieillard, condamné ainsi à demeurer avec tant de monstres (car certainement son sort est fixé), mais enfin il faut bien que l’un de nous se dévoue pour les autres… Et puis, il est tellement habitué à ses tourments que s’ils cessaient, cela lui manquerait peut-être…

Et puis il est si gâteux…

Je serais curieux tout de même de voir la réponse faite par nos gouvernants — par nos libérateurs que je ne glorifierai jamais assez — à l’ultimatum que j’ai écrit. Cette réponse justement gît — un papier ministre dûment scellé — en dessous de moi. M. Barnabé Cruchot, qui me semble tout agité, a déjà plusieurs fois tenté de s’en emparer pour le lire ; mais son tyran, le kanguroo, s’est fait un malin plaisir de l’en empêcher… Panaris passe, peut-être voudra-t-il consentir à me donner l’objet de ma curiosité…

Je viens de lui adresser ma requête. Cet être brutal me pria d’abord de « maçonner ma crevasse » — mais il ramassa le papier pour le lire lui-même… Tout-à-coup sa figure s’éclaira d’un muet ricanement, et me criant :

— Pour sûr que j’te la passe ! — Ça c’est chouette !

Il me tend la lettre libératrice et bourre sa pipe. Je le remercie chaleureusement de sa gracieuseté inattendue. J’ouvre. Je lis :


Ce 28 juin 19…