— Cela me paraît impossible, balbutia Cruchette, agité. Je ne saurais pas. C’est un monde que j’ignore. Madame la comtesse, songez que je suis un homme d’études… Je me suis toujours scrupuleusement gardé…

Il s’arrêta, très rouge. Son élève étouffa un rire. Le grand-oncle semblait s’amuser. Mme de Porchecroix ne comprit pas et reprit :

— Il le faut. Retrouvez la bague. Je vous ouvre un crédit de deux mille francs si c’est nécessaire.

— Les pierres valent plus que cela, dit l’oncle.

— Eh bien, trois mille francs ! quatre mille ! cinq mille !… L’argent, ici, n’importe pas… Mais il faut que la discrétion la plus rigoureuse… Mon Dieu, si l’on savait… quel scandale !… Monsieur Cruchette, vous avez entendu le nom et l’adresse. Partez sur-le-champ. Je vous donne pleins pouvoirs.

— J’en suis honoré, gémit Cruchette en inclinant le front.

Il reçut l’argent, prit son chapeau et sortit.

C’était un matin de printemps, mais Cruchette n’en apprécia pas la douceur. Il songeait aux difficultés de sa tâche et se demandait avec angoisse ce qui allait lui arriver.

Quand il fut dans les parages de la rue Monsieur-le-Prince, il eut envie de prendre la fuite. La seule crainte du courroux de Mme de Porchecroix l’en empêcha.

Comme onze heures sonnaient, il entra dans l’hôtel. Le bureau était désert et Cruchette s’engagea dans l’escalier. Au second étage, il frappa, le cœur battant, au numéro 21.