Elle s’assit sur ses genoux.

A l’hôtel de Porchecroix, on attendit en vain, pendant six jours, le retour de M. Cruchette. Mme de Porchecroix, très inquiète, se demandait s’il n’avait pas trouvé la mort au fond de quelque bouge où l’aurait entraîné son dévouement à la servir.

Le septième jour, il revint. Il était changé. Une sorte de fierté planait sur lui ; une moustache légère ombrageait sa lèvre supérieure ; ses cheveux étaient parfumés et un lorgnon élégant remplaçait ses lunettes. Il avait toujours sa redingote noire, mais une chemise mauve, une lavallière à pois et des souliers jaunes égayaient sa tenue.

— J’ai rempli ma mission, dit-il avec une orgueilleuse modestie, quand il fut en présence de Mme de Porchecroix. Voici le bijou, et j’ai versé les cinq mille francs selon les instructions que vous m’aviez données, madame la comtesse…

— Mon Dieu ! c’est bien payé (Mme de Porchecroix, en prenant la bague, ne put retenir une grimace). Cinq mille francs pour les faveurs d’une gourgandine…

M. Cruchette eut un geste digne et qui protestait.

— Oh ! pardon… madame la comtesse. Je vous prie respectueusement de parler avec plus de modération d’une personne qui, d’ici peu, sera Mme Cruchette…

Mme de Porchecroix fit un bond, puis resta pétrifiée.

— Nous nous aimons, continua Cruchette avec une ardeur pudique. Oui ! C’est une pauvre enfant qui a beaucoup souffert. Avec la dot que vous avez bien voulu lui constituer et mes économies, nous allons ouvrir une institution à Neuilly…

Il s’interrompit, le jeune Gaston entrait.