C’était le plus jeune de ses trois enfants, un garçon de sept ans, trapu, l’air méchant, qui tapait tant qu’il pouvait sur son frère et sa sœur. Ceux-ci hurlaient, sans oser se défendre.
Francine saisit Victor et le secoua sans conviction. Il se débattait rageusement, lançant des coups de pied et grommelant des injures. Elle le lâcha.
— Est-y garnement tout de même ! dit-elle d’un ton indolent en revenant s’asseoir au coin du feu avec sa sœur.
— Le fait est qu’y ressemble pas à son père, murmura celle-ci avec un rire équivoque.
Francine, sans répondre, haussa les épaules.
— J’ dis ça, reprit Julie… j’en sais rien… Et pis toi non plus, p’têt’ bien ?… Voyons, t’en avais combien d’hommes à ce moment-là… sans compter Bertin, bien entendu ?
— Tais-toi donc… (Francine s’asseyait tranquillement.) Te mêle pas de ce que tu ne sais pas. Pourquoi qu’t’as pas fait comme moi, au lieu de rester fille, si ces histoires-là t’amusent tant ?… Moi, c’est fini, j’ te le répète ! J’y pense plus, à ces blagues-là, c’est oublié…
— Ah !… bien…
Julie la regardait de côté.
— Alors, c’est pas la peine que j’ te raconte quéque chose…