— Ne m’en dis pas trop, pria M. Tardot avec un pauvre sourire d’homme qui n’a pas de chance. Je suis déjà bien assez impressionné, va…
Elle le regarda avec affection et pitié. Que ne pouvait-elle lui donner l’énergie, la décision, l’autorité dont elle se sentait déborder et qui n’avaient à s’exercer que dans les trois pièces de leur petit cinquième et vis-à-vis de leur petite bonne !
— Enfin, fais pour le mieux et reviens vite me raconter, dit-elle en conduisant son mari jusqu’au seuil.
Elle l’écouta descendre les étages, puis revint. Elle devrait attendre trois heures, quatre heures peut-être, avant de savoir… Pour tromper cette attente, une fièvre d’activité, plus intense encore que de coutume, la saisit.
— Aline ! Aline ! appela-t-elle.
La bonne parut : une petite en tablier bleu, l’air humble et sournois.
— Alors, parce que je me suis occupée de Monsieur, vous avez passé la matinée à ne rien faire ! cria Mme Tardot. Vous aimez mieux écouter aux portes que de travailler, n’est-ce pas ? Regardez la poussière partout, petite souillon ! Allons, prenez votre chiffon, nous allons faire l’appartement en grand !
Vers quatre heures, elles frottaient encore, Mme Tardot inlassable, Aline exténuée. La porte s’ouvrit. Mme Tardot bondit vers son mari.
— Eh bien ?
— Ce n’est pas fait encore, dit M. Tardot, qui semblait animé et troublé. Dans quelques jours…